La Presse
2009 : sortie d’Omry.
Dès janvier, Télérama salue Omry et Pierrick Pedron dans un numéro spécial (Les 100 raisons d’aimer 2009). Il est classé 36e raison d’aimer 2009, toutes catégories culturelles et artistiques confondues, sous le titre Bête de sax.
Michel Contat (Télérama) persiste en février 2009 avec un nouvel article sur Omry :
« Du neuf dans le PJF (paysage jazzique français) : un disque résolument jazz qui a les âpres séductions du rock indé. Pierrick Pedron, après un album plutôt novateur dans la tradition, Classical Faces, puis un autre bien ancré dans le mainstream actuel, Deep in a dream, enregistré à New York avec Mulgrew Miller et Lewis Nash, a attendu le temps qu’il faut pour retourner en studio avec un projet différent. Il s’est entouré d’un directeur artistique musicien, le pianiste Eric Legnini, d’un guitariste encore inconnu mais remarquable pour sa sobriété, Chris De Pauw, de son compagnon d’aventure le contrebassiste Vincent Artaud, solide au poste, et de deux batteurs, Franck Agulhon et Fabrice Moreau. Comme il n’arrivait pas à choisir, il les a pris tous les deux, pour leurs couleurs sonores différentes, en les superposant.
Et puis, surtout, il a emmené un pianiste, Laurent Coq, qui est l’un des musiciens trentenaires les plus originaux, harmoniste un peu étrange, aux rêveries anguleuses. Coq l’a aidé à arranger des compositions qui ne ressemblent pas aux thèmes habituels du jazz, de telle sorte que sa voix au saxophone alto, mixée en retrait comme celle de Beth Gibbons chez Portishead, ou alors plus en avant, comme celle d’Oum Kalsoum, évoque le chant magique de ces femmes un peu sorcières. Le premier thème, “Mama Oum”, vous emporte tout de suite dans une autre dimension, qui rappelle cependant le psychédélisme du Pink Floyd qu’il a tant aimé.
Il y a dans Omry (ma vie, en arabe) le mariage réussi de deux traditions effervescentes, celles du jazz et de la pop music. Pierrick Pedron, ayant atteint l’âge de la maturité heureuse, s’y révèle comme un soliste attachant qui a rompu les amarres avec Charlie Parker au profit d’un univers sensible tout à fait personnel. Un disque qui restera. »
Denis Desassis (Citizen Jazz) écrit, le 30 mars 2009 : « Omry est, en effet, une pépite de vrai bonheur mélodique – cette mélodie qui est la trame de tout le disque et qui fascine tant Pierrick Pedron – pour laquelle il s’est entouré d’une équipe de choc, manifestement soudée au ciment de l’amitié. (…)
Mais si Omry représente un changement, c’est dans la continuité : celle de la quête d’un artiste très ouvert : il ne s’agit pas pour lui de “marquer un coup”, mais plutôt de raconter une nouvelle histoire, son histoire. (…) Et ce qui frappe, tout au long de ce périple, c’est l’évidence de la mélodie : cette musique chante – comme on chanterait une ballade simple et émouvante, avant d’aller chercher d’autres hauteurs, celles d’une improvisation nerveuse et parfaitement contrôlée dans le temps. Ce mélange de jazz et de pop-music qui n’est du jazz ni de la pop-music, ou les deux à la fois sans jamais tomber dans le jazz-rock fade, mais qui est surtout beaucoup plus, c’est toute la force d’Omry ; un disque plein de vie qui trouve, il est essentiel de le rappeler, l’une de ses sources d’inspiration dans un coup de foudre récent, il y a tout juste trois ans : celui de Pierrick Pedron pour Oum Kalthoum. L’une des longues et lentes mélopées de la diva égyptienne s’appelait d’ailleurs “Enta Omry” (“Tu es ma vie”).
On repense à ce qu’écrivait Sophie Chambon pour Citizen Jazz à propos de Deep In A Dream : “On fait silence : un silence admiratif qui suit une écoute attentive, sentimentale, presque amoureuse.” Et l’on se dit que la proposition est tout aussi valable pour Omry, disque auquel on s’attache très vite – l’adhésion est même instantanée – et pour longtemps. En se demandant avec gourmandise à quoi pourra bien ressembler la prochaine œuvre de Pierrick Pedron, sachant que celui-ci, qui franchit aujourd’hui un pas dans sa quête musicale, a d’abord besoin de jouer son Omry sur scène, de l’illustrer et de le développer, de le faire vivre avant d’imaginer quoi que ce soit d’autre. Lui qui cherche à offrir du jazz “une vision plus globale” et à “associer cette musique à d’autres styles” tient de toute façon dans son jeu des cartes maîtresses, celles de notre enchantement. »
La presse est unanime, de Jazzman au Monde, l’album est salué par toute la critique (CHOC Jazzman, 4 clés Télérama, Must TSF Jazz). 300 personnes acclament Omry à l’Alhambra, 800 à Nîmes, plusieurs centaines au Sunset à Paris au cours des quatre concerts qu’il y donnera en mars et octobre 2009, et partout où il se produit en France, en Algérie…
Omry est classé par Jazz Magazine-Jazzman de décembre parmi les quinze meilleurs albums de l’année. TSF jazz, dans ses Coups de cœur de l’année, l’élit Meilleur Album de jazz instrumental français, et le classe dans ses deux autres catégories parmi les trois élus (Meilleur Morceau à l’antenne — Mama Oum — et Meilleur Album de jazz 2009).
